En bref

Le hojicha est un thé vert japonais torréfié, le plus souvent à partir de bancha : les feuilles virent au brun et l'infusion prend un goût grillé, caramélisé, peu amer. Le ministère japonais de l'Agriculture l'infuse à l'eau bouillante, 2 à 3 g pour 100 ml, 30 secondes ; Dammann Frères conseille 80 °C.

Hojicha — Le hojicha (ほうじ茶, « thé torréfié ») est un thé vert japonais dont les feuilles, le plus souvent du bancha, parfois du sencha ou du kukicha, sont torréfiées après leur fabrication : selon Wikipédia, il serait apparu à Kyoto dans les années 1920 et sa torréfaction, vers 200 °C, brunit la feuille et donne à l'infusion un goût grillé.

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Quand on connaît le sencha, le hojicha déroute : la feuille est brune, l’odeur rappelle le pain grillé et la tasse est ambrée plutôt que verte. Pourtant c’est bien un thé vert, qu’on a simplement fait griller. Ce guide explique ce qu’est le hojicha, comment sa torréfaction change le goût, d’où il vient, comment le préparer et le garder, et ce qui le sépare du sencha et du genmaicha. Il s’appuie sur le ministère japonais de l’Agriculture (MAFF), Ito En, la ferme Obubu de la préfecture de Kyoto, Dammann Frères, Palais des Thés et Wikipédia, et donne les deux versions quand elles divergent. Pour situer le hojicha parmi les dix thés japonais, voyez notre guide thé japonais.

Ce qu’est le hojicha

« Hojicha » signifie « thé torréfié » : Obubu le traduit par « thé vert rôti ». Les feuilles de départ sont celles d’un thé vert japonais ordinaire, le plus souvent du bancha, le thé des récoltes tardives, aux feuilles plus grandes et plus fibreuses. Wikipédia cite aussi du sencha et du kukicha, fait de tiges et de brindilles, et Obubu confirme que la matière change le goût final. Palais des Thés rappelle que le hojicha et le bancha sont les thés que l’on sert le plus souvent au restaurant, au Japon.

Le hojicha n’est donc pas un thé noir ni une infusion de plantes : il appartient à la même famille que le sencha, avec une étape de plus. Notre guide des familles de thé rappelle ce qui sépare un thé vert d’un thé noir.

Origine et fabrication

La fabrication part d’un thé vert déjà fabriqué, c’est-à-dire chauffé à la vapeur puis séché. Il est ensuite torréfié dans une poêle, selon Ito En, puis refroidi aussitôt. Wikipédia décrit la méthode traditionnelle au poêlon en céramique, le hōroku, que la ferme Obubu cite également pour le hojicha artisanal.

L’histoire est récente. Wikipédia situe l’apparition du hojicha à Kyoto dans les années 1920. La version anglaise de l’article raconte qu’un marchand de Kyoto, devant un stock de bancha invendable, l’aurait torréfié et créé ainsi un nouveau goût. Obubu rapporte une anecdote voisine : un marchand de thé de Kyoto aurait torréfié sur du charbon des tiges et des morceaux jusque-là inutilisés. Ce sont des anecdotes ; retenez surtout l’ancrage à Kyoto et l’âge d’environ cent ans.

La température de torréfaction diverge selon les sources :

SourceTempératurePrécision
Ito Enenviron 200 °Cpuis refroidissement immédiat
Wikipédia (fr)environ 200 °Ccuisson à haute température, à l’origine à Kyoto
Wikipedia (en)150 °Cpot en porcelaine sur du charbon
Obubu160 à 220 °Cselon l’intensité de torréfaction voulue

Wikipédia ajoute que la couleur des feuilles va du kaki au chocolat selon le degré de torréfaction. C’est le premier critère de choix : plus la torréfaction est poussée, plus le goût de grillé domine.

Le goût du hojicha

La torréfaction change la feuille et la tasse. Les feuilles passent du vert au brun-rouge. L’infusion est claire, rouge à brun selon Wikipédia en anglais ; le guide de dégustation de Barbaste, Delmas et Minet, cité par Wikipédia en français, parle de nuances du vert bronze au noir et d’arômes sucrés, grillés, boisés, fruités et de vanille.

Côté goût, les sources concordent sur trois traits :

  • Un goût grillé : Ito En parle d’un arôme grillé distinctif, Obubu de notes de noisette, de chocolat et de torréfaction.
  • Une note sucrée, caramélisée : selon Wikipédia en anglais, la torréfaction remplace les tons végétaux des autres thés verts japonais par un goût toasté, légèrement caramélisé.
  • Peu ou pas d’amertume : Wikipédia en anglais et Ito En décrivent un thé peu amer, au goût clair et léger.

Obubu ajoute qu’après une torréfaction à la maison, il faut laisser reposer le thé une à deux semaines : infusé tout de suite, il garde des saveurs vives qui s’adoucissent avec le repos. Cela vaut pour une torréfaction artisanale, pas pour un thé acheté prêt à infuser.

Hojicha, sencha, genmaicha : ce qui les distingue

ThéFabricationGoûtEau et temps (MAFF)
Senchaétuvé, roulé en aiguilles, séché (Ito En)équilibre entre fraîcheur et astringence70 °C (supérieur) ou 90 °C, 1 min 30
Hojichathé vert torréfié vers 200 °C (Ito En)grillé, caramélisé, peu amereau bouillante, 30 s
Genmaichathé vert mêlé à du riz complet grillé, environ 50/50 (Ito En)riz grillé et fraîcheur du senchaeau bouillante, 30 s

Le hojicha et le genmaicha partagent la torréfaction et l’infusion à l’eau bouillante, mais pas la matière : dans le premier, c’est la feuille qui est grillée ; dans le second, on y ajoute du riz grillé. Le sencha, lui, n’est pas torréfié, d’où une eau moins chaude. Notre guide du thé sencha détaille l’étuvage, les récoltes et la préparation de ce thé de référence.

Comment préparer le hojicha

Le ministère japonais de l’Agriculture regroupe bancha, genmaicha et hojicha : ce sont des thés que l’on boit moins pour leur finesse que pour leur arôme de feu, d’où une eau bouillante qui fait ressortir le parfum de torréfaction. Il compte 2 à 3 g de feuilles pour 100 ml et 30 secondes d’infusion, dans un dobin, théière de terre de 800 ml, et de grandes tasses de 200 ml (manuel, partie 1) ; pour une seule personne, 4 à 5 g permettent une bonne deuxième infusion.

Les maisons ne s’accordent pas sur la température :

SourceDoseEauTemps
MAFF2 à 3 g pour 100 mleau bouillante30 s
Wikipédia (fr)non préciséeeau bouillante, ou 85 °Cenviron 30 s
Wikipedia (en)non précisée82 °C30 s à 3 min
Obubu0,4 g pour 10 ml90 °C25 s, puis 10, 15, 30, 60 et 120 s
Dammann Frèresnon précisée80 °Cnon précisé
Ocha & Co. (fiche produit)1 cuillère à café pour 240 mlenviron 79 °C2 à 3 min

Pour une première tasse, partez du manuel du ministère : 2 à 3 g pour 100 ml, eau bouillante, 30 secondes. Si le goût vous paraît trop fumé, descendez vers 80 à 90 °C et allongez le temps, comme le font Dammann Frères et Obubu. Obubu propose aussi de multiplier les infusions courtes avec la même feuille et de les rallonger ensuite : six infusions de 25 à 120 secondes à 90 °C. Le dobin est une théière à anse supérieure ; notre guide de la théière japonaise kyusu présente cette forme et les autres. Les repères généraux de température et de durée se trouvent dans température et temps d’infusion du thé.

Hojicha glacé, latte et poudre

Wikipédia indique que le hojicha s’apprécie aussi glacé, sans en chiffrer la préparation : aucune des pages consultées ne donne de proportion pour une infusion à froid, et nous n’en inventons pas. Le hojicha existe aussi en poudre. Wikipédia le cite pour des boissons de type hojicha latte, des smoothies, des glaces et des pâtisseries, et Obubu pour des lattes et un mille-crêpe. La poudre se travaille comme un matcha, sans en être : pour les gestes du fouet et le dosage de la poudre avec du lait, voyez notre recette de matcha latte, dont les étapes servent de point de départ, et préparer un matcha.

Choisir son hojicha

Aucune norme ne définit le grade d’un hojicha ; on s’appuie sur ce que l’étiquette indique.

  1. La matière. Bancha, kukicha ou sencha : Obubu rappelle que la matière change le goût. Un mélange de kukicha et de sencha, comme celui du produit cité plus bas, mêle tiges et feuilles.
  2. Le degré de torréfaction. Plus il est poussé, plus le grillé domine ; Wikipédia situe la couleur de la feuille entre le kaki et le chocolat.
  3. L’origine. Une préfecture (Kyoto, Shizuoka…) plutôt que « Japon » seul.
  4. La forme. Feuilles entières pour une théière ; poudre pour des lattes ou de la pâtisserie.
  5. Le conditionnement. Un paquet fermé, opaque ou emballé sous vide, avec une date lisible.

Conserver le hojicha

La préfecture de Kyoto, dans un rapport de février 2022 sur un thé vert, a mesuré l’effet de la température, de l’oxygène et de l’humidité : l’humidité pèse le plus, et un thé qui a pris l’eau devient rougeâtre et astringent au bout d’un mois. Le rapport note aussi que la plupart des thés ouverts restent dans leur sachet d’aluminium d’origine et que leur goût s’est dégradé au bout d’un mois. Le hojicha n’est pas cité, mais le conseil vaut pour les feuilles sèches : une boîte hermétique et opaque, au sec, loin des odeurs (voir conserver son thé).

Aucune page consultée ne traite de la conservation de la poudre de hojicha : suivez l’étiquette de l’éditeur. À titre de repère voisin, Palais des Thés garde son matcha dans une boîte bien fermée au réfrigérateur, à l’abri de l’air, de la lumière et de la chaleur, et le consomme dans les 45 jours qui suivent l’ouverture.

Un hojicha cité dans ce guide

Le hojicha d’Ocha & Co. est vendu en feuilles, en paquet de 100 g emballé sous vide : un mélange biologique de kukicha et de sencha torréfiés, cultivé dans les montagnes de Shizuoka, au goût annoncé fumé et sucré. Sa fiche, lue sur Keepa le 28/10/2026, en vente sur amazon.fr, indique 1 cuillère à café pour 240 ml d’eau à environ 79 °C pendant 2 à 3 minutes. À savoir : c’est une préparation plus douce que l’eau bouillante du ministère japonais de l’Agriculture, et le mélange comprend des tiges de kukicha. Ce produit est décrit d’après sa fiche, sans dégustation de notre part.

Les modèles cités dans ce guide

Ocha & Co., hojicha bio en feuilles, Shizuoka, 100 g

Ocha & Co., hojicha bio en feuilles, Shizuoka, 100 g

Hojicha biologique en feuilles, mélange de kukicha et de sencha torréfiés, cultivé dans les montagnes de Shizuoka (Japon), au goût annoncé fumé et sucré, à la tasse jaune doré ; paquet de 100 g emballé sous vide. Préparation indiquée : 1 cuillère à café pour 240 ml d'eau à environ 79 °C, 2 à 3 minutes, d'après la fiche amazon.fr lue via Keepa.

Repères chiffrés

  • Le manuel de préparation du ministère japonais de l'Agriculture (MAFF, consulté en 2026) range le hojicha avec le bancha et le genmaicha : 2 à 3 g de feuilles pour une tasse de 100 ml, de l'eau bouillante pour faire ressortir l'arôme de torréfaction, 30 secondes d'infusion ; pour une seule personne, 4 à 5 g permettent une bonne deuxième infusion.Ministère japonais de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche (MAFF), 茶の淹れ方マニュアル, partie 2, 2026
  • Selon Ito En (page « Type of Japanese Green Tea » consultée en 2026), le hojicha est du sencha ou un autre thé vert torréfié dans une poêle vers 200 °C puis refroidi aussitôt, pour un arôme grillé distinctif et un goût clair et léger.Ito En, Type of Japanese Green Tea, 2026
  • La ferme Obubu, dans la préfecture de Kyoto (article consulté en 2026), précise que la matière du hojicha va du sencha au bancha et au kukicha, que la température de torréfaction se situe entre 160 et 220 °C selon l'intensité voulue, et que l'infusion prend un goût de noisette, de chocolat et de grillé ; elle le prépare à 90 °C, avec 0,4 g de feuilles pour 10 ml d'eau, 25 secondes la première fois.Obubu Tea, The Magic of Hojicha, 2026
  • Dammann Frères (page « How is Japanese green tea prepared? » consultée en 2026) infuse les thés verts du Japon à 158 °F (70 °C) pour le gyokuro et le sencha, et à 176 °F (80 °C) pour les thés plus torréfiés comme le hojicha et le genmaicha.Dammann Frères, How is Japanese green tea prepared?, 2026
  • Wikipédia en français (article consulté en 2026) indique que le hojicha se fait avant tout avec du bancha, parfois du sencha ou du kukicha, qu'il serait né à Kyoto dans les années 1920 avec une cuisson d'environ 200 °C, que la couleur des feuilles va du kaki au chocolat selon la torréfaction et que, réduit en poudre, il sert pour des lattes, des smoothies, des glaces et des pâtisseries.Wikipédia, Hōjicha, 2026

FAQ

Qu'est-ce que le hojicha ?

Un thé vert japonais torréfié. On part le plus souvent de bancha, parfois de sencha ou de kukicha, puis on torréfie les feuilles : vers 200 °C selon Ito En et Wikipédia, entre 160 et 220 °C selon la ferme Obubu. Les feuilles virent au brun-rouge et l'infusion, ambrée, prend un goût grillé presque sans amertume.

Quel est le goût du hojicha ?

Grillé, de noisette, de caramel et de chocolat, selon Obubu, Wikipédia et les maisons consultées. La torréfaction remplace les notes végétales des autres thés verts japonais par un goût toasté légèrement caramélisé, d'après Wikipédia en anglais, et l'amertume est faible, voire absente. Ito En parle d'un goût clair et léger.

Quelle température d'eau pour le hojicha ?

Les sources divergent : l'eau bouillante pour le ministère japonais de l'Agriculture, 90 °C pour Obubu, 85 °C pour Wikipédia, 80 °C pour Dammann Frères, 79 °C pour le hojicha d'Ocha & Co. Le ministère explique qu'il s'agit de faire ressortir l'arôme de torréfaction. Comptez 30 secondes à l'eau bouillante, 2 à 3 minutes vers 80 °C.

Quelle différence entre hojicha, sencha et genmaicha ?

Le sencha est un thé vert étuvé, roulé et séché, sans torréfaction. Le hojicha est un thé vert torréfié, brun et grillé. Le genmaicha mêle un thé vert à du riz complet grillé, à environ 50/50 selon Ito En. Le ministère japonais de l'Agriculture infuse les deux derniers de la même façon : eau bouillante, 30 secondes.

Sources

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