En bref

Le genmaicha est un thé vert japonais, bancha ou sencha, mélangé à environ 50/50 avec du riz grillé dont quelques grains éclatent comme du pop-corn. Le ministère japonais de l'Agriculture l'infuse à l'eau bouillante, 2 à 3 g pour 100 ml, pendant 30 secondes ; Dammann Frères conseille plutôt 80 °C.

Genmaicha — Le genmaicha (玄米茶, « thé au riz complet ») est un thé vert japonais, le plus souvent du bancha, parfois du sencha, mélangé à des grains de riz trempés, cuits à la vapeur puis grillés, dont certains éclatent ; selon Ito En, thé et riz sont associés à environ 50/50, et la variante matcha-iri genmaicha y ajoute du matcha en poudre.

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Le genmaicha se reconnaît au premier coup d’œil : des aiguilles de thé vert mêlées de grains de riz dorés, dont quelques-uns ont éclaté en petites fleurs blanches. À l’infusion, il sent le riz grillé et la noisette plus que l’herbe fraîche. Ce guide explique de quoi il est fait, d’où il vient (en séparant l’histoire de la légende), comment il se décline avec du matcha, comment le préparer, en quoi il diffère du hojicha et du sencha, et comment le conserver. Il s’appuie sur le ministère japonais de l’Agriculture (MAFF), Ito En, la ferme Obubu de la préfecture de Kyoto, Dammann Frères, Palais des Thés et Wikipédia, et donne les deux versions quand les sources divergent. Pour le situer parmi les autres thés du Japon, voyez notre guide thé japonais.

Ce qu’est le genmaicha

Le mot associe genmai, le riz complet, et cha, le thé. Ito En précise que le riz complet est un riz qui garde son enveloppe de son. Le genmaicha est donc un mélange, et non un thé à part : un thé vert japonais ordinaire auquel on ajoute du riz grillé. Wikipedia en anglais rapporte deux surnoms, « popcorn tea », parce que quelques grains éclatent à la torréfaction, et « thé du peuple », parce que le riz allongeait le thé et en baissait le prix.

Ce n’est pas une infusion de céréales : la feuille de théier en fait le fond. La Corée connaît un mélange très proche, le hyeonminokcha, alors que le hyeonmicha coréen, malgré son nom voisin, est une simple infusion de riz complet grillé, selon Wikipedia en anglais.

Le thé et le riz : ce qu’il y a dans le paquet

Les sources ne décrivent pas le même mélange, et c’est une première clé de lecture des étiquettes :

SourceThé de baseRizProportion
Ito Ensencha ou autre thé vertriz complet trempé, cuit à la vapeur, grillé et souffléenviron 50/50
Obububanchale plus souvent riz gluant blanc (mochi), cuit à la vapeur, séché et grillé1 pour 1, variable selon les fabricants
Wikipédia (fr)bancha, surtout de la récolte d’automne ; parfois senchariz brun torréfié, en partie éclaténon précisée

Selon Wikipédia, le bancha, thé des récoltes tardives, donne un genmaicha de qualité courante ; le sencha, de meilleure qualité et au goût plus végétal, un genmaicha plus recherché. Wikipédia, d’après le guide de dégustation de Barbaste, Delmas et Minet, ajoute un point souvent oublié : la qualité du riz compte autant, peut-être davantage, que celle du thé. Les grains éclatés ne sont pas indispensables : Obubu note que certains vendeurs en ajoutent, d’autres non. Palais des Thés classe le genmaicha parmi les thés japonais non ombrés, qui ont pleinement profité du soleil.

D’où vient le genmaicha : l’histoire et la légende

Les sources s’accordent sur une origine modeste. Selon Wikipédia en français, le genmaicha se serait développé là où les feuilles de thé étaient rares ou chères, loin des régions productrices ou dans les milieux populaires, pour les économiser en les mêlant à du riz grillé ; l’habitude de boire des infusions de riz grillé à la place du thé pourrait en être à l’origine. Wikipedia en anglais ajoute qu’aujourd’hui toutes les couches de la société en boivent.

Une légende circule aussi. Au XVe siècle, le serviteur d’un samouraï aurait laissé tomber des grains de riz dans le bol de thé de son maître ; celui-ci, furieux, l’aurait mis à mort, avant de trouver le mélange délicieux et de le baptiser du nom de son serviteur, Genmai. Wikipédia la rapporte d’après le guide de Barbaste, Delmas et Minet, mais aucune des sources consultées n’en donne de trace historique, et le mot genmai désigne tout simplement le riz complet. Retenez l’origine économique ; la légende est une histoire.

Le goût du genmaicha

Les descriptions se recoupent :

  • Le riz grillé d’abord. Ito En parle de la saveur du riz complet grillé ; Wikipedia en anglais attribue au sucre et à l’amidon du riz un goût chaud, rond et de noisette.
  • Un thé vert discret. Toujours selon Wikipedia en anglais, le goût est doux et associe la fraîcheur herbacée du thé vert à l’arôme du riz ; Ito En parle de la fraîcheur du sencha.
  • Une tasse claire. L’infusion est jaune clair.

Obubu le recommande à ceux qui découvrent les thés japonais. Wikipédia en français précise qu’au Japon on le boit souvent pendant les repas, et que c’est l’un des rares thés qui s’accordent aussi bien avec les saveurs aigres que sucrées des cuisines d’Asie de l’Est.

Matcha-iri genmaicha et autres variantes

Le matcha-iri genmaicha, littéralement « genmaicha avec du thé en poudre », ajoute du matcha au mélange. Les deux Wikipédia ne le décrivent pas de la même façon : la version anglaise lui trouve un goût proche du genmaicha nature, souvent plus intense, et une infusion plus verte que jaune ; la version française le dit souvent plus amer. Pour comprendre ce qu’est le matcha et comment on le fabrique, voyez notre guide du thé matcha.

Obubu cite d’autres déclinaisons, comme le sencha genmaicha et le houji genmaicha, fait d’un thé torréfié, et vend aussi du genmaicha en poudre. Lisez la composition : le nom commercial ne dit pas toujours quel thé a été employé.

Comment préparer le genmaicha

Le ministère japonais de l’Agriculture traite le genmaicha comme le bancha et le hojicha : des thés que l’on boit moins pour leur finesse que pour leur arôme de feu et de riz grillé, d’où une eau bouillante qui fait ressortir ce parfum. Il compte 2 à 3 g de feuilles pour 100 ml, soit 10 à 15 g pour cinq personnes, en précisant qu’environ 10 g suffisent, et 30 secondes d’infusion ; pour une seule tasse, 4 à 5 g permettent une bonne deuxième infusion. Ito En retient lui aussi l’eau bouillante ou proche de 100 °C pour le hojicha et le genmaicha, « aux arômes particuliers ».

Les autres sources baissent la température :

SourceDoseEauTemps
MAFF2 à 3 g pour 100 mleau bouillante30 s
Ito Ennon préciséeeau bouillante ou proche de 100 °Cnon précisé
Wikipédia (fr), d’après Barbaste, Delmas et Minetnon précisée85 °Cenviron 30 s
Wikipédia (fr), d’après M. L. et R. Heissnon précisée75-80 °C2 min, puis deux autres infusions
Dammann Frèresnon précisée80 °Cnon précisé ; jusqu’à trois infusions

Pour une première tasse, partez du manuel du ministère : 2 à 3 g pour 100 ml, eau bouillante, 30 secondes. Si le thé de base vous paraît trop marqué, descendez vers 80 °C et allongez à 2 minutes, comme le proposent Dammann Frères et les Heiss. Nos repères généraux sont dans température et temps d’infusion du thé.

Côté ustensiles, Ito En note que l’on sert le hojicha et le genmaicha dans de plus grandes théières, souvent munies d’une anse arquée en rotin qui passe au-dessus, et dans des tasses plus hautes. Le manuel du MAFF associe le bancha et le hojicha, dont il rapproche le genmaicha, à un dobin de 800 ml et à de grandes tasses de 200 ml. Une kyusu convient aussi, comme le rappelle Wikipédia ; notre guide de la théière japonaise kyusu présente ces formes.

Genmaicha, hojicha, sencha : ce qui les distingue

ThéFabricationCouleur de la feuilleEau et temps (MAFF)
Senchaétuvé, roulé en aiguilles, séché (Ito En)vert profond70 °C (supérieur) ou 90 °C, 1 min 30
Hojichathé vert torréfié vers 200 °C puis refroidi (Ito En)bruneau bouillante, 30 s
Genmaichathé vert mêlé à du riz grillé, environ 50/50 (Ito En)vert, avec des grains de riz doréseau bouillante, 30 s

Le genmaicha et le hojicha partagent l’eau bouillante et l’arôme grillé, mais pas la matière : dans le hojicha, c’est la feuille qui est grillée ; dans le genmaicha, on ajoute du riz grillé à une feuille restée verte. Le hojicha a son guide, comme le thé sencha, base du genmaicha selon Ito En.

Conserver le genmaicha

Ito En rappelle qu’il faut tenir le thé à l’abri de l’humidité et de l’oxygène, d’où les boîtes japonaises à double couvercle. La préfecture de Kyoto, dans un rapport de février 2022 sur un thé vert, a mesuré l’effet de la température, de l’oxygène et de l’humidité : l’humidité pèse le plus, et un thé qui a pris l’eau devient rougeâtre et astringent au bout d’un mois. Le rapport note aussi que la plupart des thés ouverts restent dans leur sachet d’aluminium d’origine. Le genmaicha n’y est pas étudié, mais la règle vaut pour le mélange : une boîte hermétique et opaque, au sec, loin des odeurs (voir conserver son thé).

Pour un matcha-iri genmaicha, aucune source consultée ne donne de règle propre. À titre de repère voisin, Palais des Thés garde son matcha dans une boîte bien fermée au réfrigérateur et le consomme dans les 45 jours qui suivent l’ouverture.

Un genmaicha cité dans ce guide

Le genmaicha de Moya Matcha est un mélange biologique de sencha et de riz brun grillé, vendu en sachet refermable de 100 g, à l’arôme annoncé de noisette et à la couleur vert rouille. Sa fiche, relue sur Keepa le 29/10/2026, en vente sur amazon.fr, ne donne ni la proportion de riz, ni la région japonaise, ni la préparation : les repères du ministère japonais de l’Agriculture (2 à 3 g pour 100 ml, eau bouillante, 30 secondes) prennent le relais. Ce produit est décrit d’après sa fiche, sans dégustation de notre part.

Les modèles cités dans ce guide

Moya Matcha, genmaicha bio du Japon, sencha et riz brun grillé, 100 g

Moya Matcha, genmaicha bio du Japon, sencha et riz brun grillé, 100 g

Genmaicha biologique du Japon, mélange de thé vert sencha et de riz brun grillé, à l'arôme annoncé de noisette et à la couleur vert rouille, surnommé « thé au pop-corn » ; sachet refermable de 100 g. Préparation non précisée, d'après la fiche amazon.fr lue via Keepa.

Repères chiffrés

  • Le manuel de préparation du ministère japonais de l'Agriculture (MAFF, consulté en 2026) range le genmaicha avec le bancha et le hojicha : 2 à 3 g de feuilles pour 100 ml, environ 10 g pour cinq personnes, de l'eau bouillante pour faire ressortir l'arôme grillé et celui du riz, et 30 secondes d'infusion ; pour une seule tasse, 4 à 5 g permettent une bonne deuxième infusion.Ministère japonais de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche (MAFF), 茶の淹れ方マニュアル, partie 2, 2026
  • Selon Ito En (page « Type of Japanese Green Tea » consultée en 2026), le riz complet du genmaicha est trempé, cuit à la vapeur, grillé et soufflé, puis mêlé à du sencha ou à un autre thé dans une proportion d'environ 50/50.Ito En, Type of Japanese Green Tea, 2026
  • La ferme Obubu, dans la préfecture de Kyoto (fiche « Natural Genmaicha » consultée en 2026), précise que, malgré son nom, le genmaicha se fait le plus souvent avec du riz gluant blanc (mochi), cuit à la vapeur, séché et grillé, traditionnellement associé au bancha dans une proportion de 1 pour 1 qui varie selon les fabricants.Kyoto Obubu Tea Farms, Natural Genmaicha, 2026
  • Dammann Frères (page « How is Japanese green tea prepared? » consultée en 2026) infuse le gyokuro et le sencha à 158 °F (70 °C) et les thés plus torréfiés comme le hojicha et le genmaicha à 176 °F (80 °C), et indique qu'un thé vert du Japon peut s'infuser jusqu'à trois fois.Dammann Frères, How is Japanese green tea prepared?, 2026
  • L'article « Genmaicha » de Wikipédia (consulté en 2026), d'après Barbaste, Delmas et Minet (2018) et M. L. et R. Heiss (2010), donne deux préparations : en kyusu dans une eau à 85 °C pendant une trentaine de secondes, ou à 75-80 °C pendant 2 minutes avec deux infusions supplémentaires.Wikipédia, Genmaicha, 2026

FAQ

Qu'est-ce que le genmaicha ?

Un thé vert japonais mélangé à du riz grillé. Le thé est le plus souvent du bancha, parfois du sencha ; le riz est trempé, cuit à la vapeur puis grillé, et quelques grains éclatent, d'où le surnom de « popcorn tea ». Ito En compte environ 50/50 de thé et de riz, la ferme Obubu une proportion de 1 pour 1 qui varie selon les fabricants.

Quel goût a le genmaicha ?

Un goût grillé de riz et de noisette, doux, sur un fond de thé vert frais. Ito En parle de la saveur du riz complet grillé associée à la fraîcheur du sencha ; Wikipedia en anglais décrit une infusion jaune clair, au goût chaud, rond et de noisette, peu marqué. Obubu le conseille à ceux qui découvrent les thés japonais.

Quelle température d'eau pour le genmaicha ?

Les sources divergent. Le ministère japonais de l'Agriculture et Ito En utilisent l'eau bouillante ou presque, 30 secondes, pour faire ressortir l'arôme grillé ; Wikipédia cite 85 °C pendant une trentaine de secondes, ou 75-80 °C pendant 2 minutes ; Dammann Frères conseille 80 °C. Comptez 2 à 3 g de feuilles pour 100 ml d'eau.

Qu'est-ce que le matcha-iri genmaicha ?

Un genmaicha auquel on a ajouté du matcha, le thé vert en poudre ; son nom signifie « genmaicha avec du thé en poudre ». Selon Wikipedia en anglais, son goût ressemble à celui du genmaicha nature, souvent plus intense, et son infusion est plus verte que jaune ; Wikipédia en français le dit souvent plus amer.

Quelle différence entre genmaicha et hojicha ?

Dans le hojicha, c'est la feuille de thé elle-même qui est torréfiée, vers 200 °C selon Ito En, et elle devient brune. Dans le genmaicha, la feuille reste verte et l'on y ajoute du riz grillé, à environ 50/50. Le ministère japonais de l'Agriculture les prépare pourtant de la même façon : eau bouillante, 2 à 3 g pour 100 ml, 30 secondes.

Le genmaicha est-il fait avec du riz complet ?

Son nom le dit : genmai signifie riz complet, qui garde son enveloppe de son, rappelle Ito En, qui décrit un riz complet trempé, cuit à la vapeur, grillé et soufflé. La ferme Obubu, à Kyoto, précise pourtant que l'on emploie le plus souvent du riz gluant blanc (mochi), pour l'arôme qu'il prend à la torréfaction. Lisez la composition sur le paquet.

Sources

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